LA MAISON TELLIER
Bio :
Etrange, d’ailleurs, que les treize chansons renfermées par L’art de la fugue, troisième album des Normands, n’aient jamais fait l’expérience du désert américain. Mais son Amérique des extrêmes, la bande Tellier la crée pour ainsi dire, là, en direct, au coin de la rue. Ou au creux de leur repaire : une bâtisse jonchée de vinyles signés Josh Homme, Will Oldham ou Gram Parsons et dans lequel patientent banjo, contrebasse, dobro, trombone, trompette… Aux nouveaux membres du clan de s’en saisir.Car depuis 2004 et la fondation de la Maison Tellier, le collectif s’est étoffé. Du duo originel, on passa au quintet lors de la publication du premier album (La Maison Tellier, 2006). Là, le collectif bluffait son monde grâce à sa révision « laid back » du Killing in the name de Rage Against the Machine. On avait cru à une blague adolescente. Un truc improbable à l’impact singulier : frisson chez les branchés. Assaut des playlists radio jugées imprenables. Accueil fébrile de la presse. Bienveillance des spécialistes réputés austères. Etc.Probable que face à pareil emballement, d’autres auraient exploité le filon et revisité au folk les blockbusters du rap/rock US. Les Tellier, eux, proposaient alors Second souffle (2007), manière de manifeste amoureux dédié aux « harmonies vocales, aux mélodies qui claquent, aux ambiances subtiles ». Ajouter : aux textes tragiques, à frémir. Même lorsque évoquant la tendresse, les grands espaces ou « les airs de fêtes ».
Avec ce deuxième album, un constat s’imposa : un sens, presque un principe issu de la tradition folk-rock américaine se poursuivait toujours en France. Et ces « garçons fermiers » en étaient les précieux dépositaires.Chez les Tellier, on ignora les sirènes. Plutôt, on remit sur le métier. « Lentement ». A la campagne. Derrière des murs où durant deux ans on « s’agitait et turbinait », convoquant tour à tour Calexico, Neil Young ou Lee Hazlewood, puis s’octroyant une pause « au premier rayon de soleil ». Plaisir passager, mais quotidien dans le coin. Pour le reste : du boulot. Mais attention, hein, peinard. Toujours. L’application au collectif du « ça vient quand ça vient », cher à Sam Cooke. La preuve en treize titres clairs obscurs enregistrés en novembre 2009 et durant quinze jours au Grenier de la Mothe, centre culturel planté en campagne brayonne.
L’art de la fugue aurait pu s’intituler Méridien de Sang. Le grand passage. L’obscurité du dehors. La route, aussi… Un troisième album fait maison et comme tout droit sorti des mémoires d’une âme consumée, en fuite depuis les plantations d’Alabama vers quelques berges infestées de Louisiane. Puis qui, depuis la Bible Belt, poursuit sa course dans la cendre du désert Mojave, jusqu’aux barbelés de la frontière mexicaine, ivre de flingues, de sang, d’alcool de contrebande à son arrivée. Etourdi d’immensités hostiles, de femmes vénéneuses, d’évangélistes diaboliques. En combustion à force de blues poisseux (Five years blues), de folk exalté (Goldmine), de ballades macabres (Mexico City blues), de rock frénétique (Suite royale, L’art de la fugue)…
Le troisième album de La Maison Tellier est une forme d’hommage au spectre des musiques des extrêmes d’Amérique. Clair. Mais pas seulement. Disons le franchement : chacun ici se fout de 1972. Le vintage n’intéresse pas ces garçons. La nostalgie, pas davantage. Ce qui prime ? Le grand frisson. Vous le coller et qu’il vous contamine. Ce qui compte ? L’édification d’un far West de fantasmes à grandes salves d’orchestrations graves (Il n’est point de sot métier part 2), de mélodies à trouer les cœurs (Babouin)… Une authenticité que le rock hexagonal n’avait jusqu’ici atteint qu’à travers ses figures monumentales : Bashung, Noir Désir, Dionysos… Figures révérées qu’aujourd’hui rejoint le gang Tellier.
Albums :
« Suite Royale » ( Wagram / 3ème bureau)
» Second Souffle » (EuroVisions / Abeille Musique) – 2007
« La Maison Tellier » (EuroVisions / Abeille Musique) – 2006
Ecoute :
La Peste
Video :
Concerts :
Date
Ville
Salle
Pays
03/10/12
LA MAISON TELLIER à
Tremblay en France (93)
Scène Jean Roger Caussimon
France
Heure: 20:00.
03/16/12
LA MAISON TELLIER à
Grand Couronne (76)
L’Avant Scène
France
Heure: 20:00.
03/20/12
LA MAISON TELLIER à
Flers (61)
Festival le Printemps de la Chanson W/ Arthur H
France
Heure: 20:00.
BOOKING : Romain Pellicioli / romain(at)dakatour.com




